
Nos bêtes à plumes entre lacs et montagnes !
Le Vautour des Alpes, le Gypaète Barbu
La brume matinale commence tout juste à se dissiper. Les premiers rayons du soleil tentent tant bien que mal d'illuminer la vallée. Le silence règne en maitre sur les hauts plateaux et les chamois en profitent. Quoi de mieux qu'une matinée paisible à l'ombre d'un rocher ? De ce surplomb minéral, ils gardent un œil sur ces immensités et garantissent ainsi leur sécurité. Ils m'observent, je les observe. Mais pas question d'être distrait plus longtemps. La faune est partout et peut surgir à tout moment.
Sans le moindre bruit, une ombre légère parcours les éboulis. Le gypaète barbu survole son territoire à la recherche de quelques os à se mettre sous le bec ! Car oui, le ce magnifique vautour est le dernier maillon de la chaine alimentaire et se nourrit uniquement d'ossements qu'il digère grâce à ses sucs digestifs extrêmement puissants. Il peut ingérer des os d'une longueur de vingt centimètres. Lorsque ces os sont de trop grosse taille, il les emporte dans les airs et les lâche dans le vide. Brisés il pourra ainsi les consommer ! Cette pratique pour le moins spéciale lui a valu le surnom de "casseur d'os".
Mais alors pourquoi certains gypaètes sont noirs ? Et d'autres couleur rouille ? Le gypaète barbu juvénile est très sombre jusqu'à l'âge de quatre ans où il est ensuite appelé "immature" puis "subadulte". Petit à petit son plumage s'éclaircit et devient alors très clair. La couleur rouille de son plumage est due à des bains d'eau ferrugineuse. A l'âge de 7 ans, le gypaète pourra enfin donner naissance à un gypaèton !
Le Vautour Fauve, en vacances à la montagne…
L'ombre d'un planeur silencieux se dessine sur la paroi rocheuse. Il semble se rapprocher. mes yeux peinent à le distinguer dans ce décor fait de bric et de broc, ou plutôt devrais-je dire "de blocs et de roc". Porté par les thermiques, au hasard des courants, il longe les falaises et croise le regard de ceux restés au sol pour les observer. Comme chaque année, les vautours recolonisent le ciel de Haute Maurienne pour y passer la saison estivale.
Plumage fauve, cou déplumé, 2.80 mètres d'envergure, regard perçant et scintillant sous un soleil de plomb… c'est un crépitement dans la poitrine garanti. Ce n'est peut-être pas le plus élégant, ni le plus mignon, ni le plus grand mais il joue un rôle indispensable dans l'écosystème. Malgré sa mauvaise réputation, associée à la mort, les vautours participent activement à l'élimination des cadavres d'animaux sauvages ou domestiques. Ils évitent ainsi la propagation de maladies et la transmissions d'agents pathogènes aux humains. Ces nécrophages sont organisés en différentes catégories. Le vautour fauve lui, est un "tireur-fouilleur", il consomme exclusivement des tissus mous comme les viscères ou les muscles.
La fée Chevêchette au regard envoutant !
Je vous présente la plus petite chouette d'Europe, la chevêchette ! Une boule de plumes de 60 grammes à peine, pour 18 centimètres de hauteur, au beau milieu de ces immensités de résineux. Les hautes branches ne laissent passer que très peu de lumière… Tant de matinées et de soirées passées dans ces bois, sans la moindre observation. Pourtant, en persévérant, on arrive à tout !
Nous sommes au début du printemps, son chant si particulier résonne déjà en sous bois. Pour la première fois, il parvient jusqu'à moi. Surgissant entre les branches, son vol rapide et caractéristique ne laisse nulle place au doute. Sans jamais l'avoir vu, je la reconnais aussitôt. Si proche et si loin à la fois. Dans cette sombre forêt toutes les branches se ressemblent. A peine s'est elle posée que son plumage se charge de la faire disparaitre. Je la retrouve enfin après quelques minutes de recherches, ses yeux d'or rivés sur moi.
Dans le viseur de l'appareil photos, sa silhouette apparait enfin ! Quel bonheur, le temps semble s'arrêter. Rapidement le soleil se couche et laisse place à l'obscurité. Je m'assois et je l'observe, mes yeux peinent à la lâcher du regard. Ce soir c'est une victoire !
Si la chevêchette a ce don de passer inaperçu à notre échelle, les mésanges n'ont aucun mal à la repérer. La savoir dans le secteur ne les rassure guère. L'union fait la force parait-il … ? Agacée par tant de mouvements et par ces piaillements incessants, la chouette aux yeux d'or prend son envol. Sans le moindre bruit, elle rejoint l'obscurité infinie !
Un ballet d'oiseaux en tout genre, passereaux ou migrateurs, aux couleurs variées, il y en a pour tous les goûts !!!
Il faut parfois savoir quitter les montagnes et découvrir de nouveaux écosystèmes, de nouvelles espèces. Que rêver de mieux que d'être étudiant au Bourget du Lac. Ainsi, plus d'excuse pour se mettre à l'affût des oiseaux d'eau et suivre leurs migrations. Chaque saison, de nouvelles espèces s'installent, certaines préfèrent passer l'hiver dans la région, d'autres préfèrent la belle saison. Et puis certaines fois, des oiseaux hors du commun font leur apparition, une halte dans la migration. Quelques jours pour les observer, un régal pour les yeux. En écrivant ces quelques mots, je me remémore cette incroyable journée en présence du magnifique Harle Piette, venu tout droit de Scandinavie !
