
Mammifères Sauvages
Le Bouquetin des Alpes
Rien n'est plus fort que l'appel du sauvage. Se sentir si petit et si faible face à cette nature qui peut se montrer capricieuse d'une minute à l'autre. Je vous présente le Maitre des sommets, fier et robuste face aux intempéries. Là haut sur les crètes, des silhouettes se dessinent. Après une chaude journée, les bouquetins profitent de cette légère baisse des températures pour parcourir leur royaume. Etagnes, bouquetins et cabris broutent paisiblement dans les dernières lueurs du jours !
Le Chamois, un alpiniste chevronné !
Le brouillard masque à présent les rares rayons du soleil qui tentaient désespérément de réchauffer mes pauvres mains. Sur les hauts plateaux d'altitude blanchis par la neige, les chamois s'activent. Le rut commence doucement et ni le froid, ni le vent ne les effraient. Ils n'ont à cette période qu'une seule chose en tête, les femelles ! Chaque intrus dans son domaine, est un concurrent potentiel. Les mâles les plus téméraires n'hésitent pas à charger le photographe. Bon… une "charge" est un bien grand mot. Dès lors que celui ci parvient à faire la différence entre un humain et son semblable, il s'immobilise et me dévisage quelques instants. Quoi de mieux que de se retrouver à quelques mètres d'un animal si craintif le reste de l'année.
Adossé à ce rocher, la position n'est pas très confortable, mais je suis ici à l'abri du vent. Ils sont tout proches, les traces sont fraiches. Comme une apparition, venu de nul part, un chamois s'approche. Il empreinte le même chemin que moi quelques minutes plus tôt. Brusquement il s'arrête. Je peux lire dans son regard son étonnement. Il ne m'a visiblement pas réellement identifié comme "humain" et cherche à comprendre ma véritable identité. En quelques bons, il est trop proche pour rentrer entièrement dans le viseur de l'appareil photos. Il me contourne, m'observe et finira par se rendre à l'évidence... "Celui là, n'a pas une tête à me voler mes femelles !"
Les rois et reines de nos forêts ; Cerfs Elaphes, Biches et Faons !
~ Une journée au brame du cerf ~
Un nouveau weekend au brame, où, une fois de plus, j'affronte l'inclémence des cieux. Je commence à en avoir l'habitude. Dans un premier temps sous la neige, pour terminer sous la pluie, ce n'est pas ce qu'il y a de plus drôle nous sommes d'accord !? Depuis le lever du jour, les raires résonnent un peu partout autour de moi. Les furtives apparitions matinales m'ont donné espoir pour la suite de la journée. Impatient, j'imagine déjà la prochaine rencontre. Les habits humides, les mains et les pieds gelés, je repense aux nombreuses journées d'affût printanières sous un soleil brulant. Revenons à la réalité, je suis ici, immobile au pied de cet arbre depuis plusieurs heures maintenant et je ressemble à un petit buisson recroquevillé, dégoulinant et fatigué. Passage en "mode veille", seules mes oreilles restent à l'écoute du moindre bruit.
C'est aux alentours de midi qu'un pas lourd frappe le sol, avec tant de puissance, qu'il n'y a nul doute sur l'identité du visiteur. Progressivement, sa silhouette se dessine à travers la brume épaisse. Gueule de travers, souffle rauque, regard noir, il s'approche encore. C'est les bois dégoulinants, recouverts de terre et d'aiguilles de pins qu'il lance son premier raire. Un son ténébreux qui résonne à présent dans la vallée. L'œil dans le viseur, les photos s'enchainent. Le vent est en ma faveur, le camouflage efficace, le simple "clac clac" de l'appareil photos ne suffira pas à effrayer la bête. Davantage intéressé par ses semblables quelques mètres plus haut, il ne tardera pas à les rejoindre. Le soir venu, au coin du feu, je me remémore cette folle journée. Quel plaisir de vivre une nouvelle fois ces rencontres sauvages. Avec du recul, je remercie cette pluie d'avoir humidifiée ma journée pour un rendu 100% automnal !
Prince des sous bois, le Chevreuil !
Ce cervidé, si léger à la silhouette d'une finesse surprenante s'avance lentement. Sous ses pas, aucune brindille ne semble se briser. A son arrivée, je n'entends que le silence. A l'affut depuis quelques heures maintenant, je suis sa progression du regard. Il se rapproche de plus en plus et ignore ma présence ici. Le vent m'est favorable, c'est une bonne chose. La tête au ras du sol, il s'arrête de temps à autre, grignote quelques brindilles jaunies par la saison hivernale et repart. Son pelage se disperse dans le paysage au gré du vent. Eh oui, le printemps est aussi synonyme de renouveau. D'ici quelques semaines, ce chevreuil aura un nouveau look, prêt pour la saison des amours qui débutera dès la fin du mois de juin ! Avez vous déjà entendu cet aboiement long et assourdissant lors de vos sorties en forêt ?
L'hermine, une vie à 400 battements par minute !
Curieuse, attentive et d'une vivacité remarquable, l'hermine explore le moindre recoin de son territoire jusqu'à s'introduire parfois à l'intérieur de certains chalets. C'est ici, tout près de ce tas de roches que je m'installe. Un simple tas de pierres pour moi, un véritable garde manger pour la belle. Sans cesse à la recherche de rongeurs, ce petit mustélidé en oublie parfois notre présence. En cette fin d'après midi, sortie de nulle part, une ombre disparait dans cet amas rocheux. A peine ai-je le temps de saisir l'appareil photos que l'hermine réapparait à quelques centimètres. Les sauts se succèdent, d'une rapidité surprenante, son parcours est tout tracé. En dessus, en dessous rien ne l'arrête. Aucun obstacle n'est infranchissable pour cet athlète. Arrêt sur image de cet instant qui n'aura duré que quelques centièmes de secondes. L'œil dans le viseur, je ne me suis moi même pas vraiment rendu compte de cette proximité. "Elle semble si calme sur cette photo" me direz vous, et pourtant, les apparences sont trompeuses. Combien de photos floues, mal cadrées ou encore vides d'hermines ai-je dû supprimer ? Les difficultés certaines de cette espèce à rester immobile ne m'ont pas aidé.
Après m'être sévèrement remis en question sur ma réactivité et ma capacité à prendre une photo nette, l'hermine me pousse à faire face à toutes les éventualités. Elle peut réapparaitre n'importe où, et se promène peut-être actuellement dix centimètres sous mes pieds. Ce qu'elle préfère, c'est réapparaitre là où l'on s'y attend le moins… si bien que la majorité de ses déplacements nous échappent, nous laissant alors dans l'incompréhension la plus totale.
Lutin des forêts, l'Ecureuil !
Membre de l'armée des ombres, virevoltant à la cime des pins. Cet écureuil, immobile, offre quelques secondes de son précieux temps au photographe. Là où se frayer un chemin est une épreuve, là où chaque branche semble vouloir nous empêcher de poursuivre notre route… c'est ici que cet acrobate a élu domicile. Les sauts se succèdent avec une telle facilité que l'observateur en reste bouche bée. Le regard vers le ciel on espère le revoir, en vain. Invisible, il n'est pourtant pas aussi loin qu'on ne l'imagine. Fermement agrippé à l'écorce il nous observe. Un regard curieux et malicieux qui nous rappelle une fois de plus que nous sommes ici qu'un invité, si ce n'est un intru à ses yeux. Marcher à l'horizontal, quelle idée farfelue pour un écureuil, quand on sait que l'on peut vivre à la vertical jour après jour. Pour lui, pas le temps de se laisser distraire, les réserves accumulées durant l'automne pour affronter l'hiver sont vides. Il faut sans cesse repartir à la recherche de baies, de graines ou de jeunes pousses à se mettre sous les incisives. Tous ces efforts, ça creuse l'estomac !
Rencontres fantômes avec le Blanchon (Lièvre Variable)
Rechercher un flocon dans ces immensités de neige fraîche, un fantôme dans ce cimetière de roche… C'est l'objectif que je me suis fixé il y a quelques jours. Suivre les traces de ce lièvre invisible, repérer son gîte et pouvoir l'observer de longues minutes durant. Dit de cette façon, ca parait simple n'est ce pas ? La vérité est tout autre !
Faire en seulement deux heures, ce que ce lièvre fait en une nuit, croyez moi, ce n'est pas de tout repos. Des raquettes à neige en guise de pattes, il part avec un avantage. Je ne pensais pas courir la montagne de long en large ce jour là. Mon pique-nique est à la maison, mes jambes toujours dans mon lit, et comme si cela ne suffisait pas, ce lièvre prend un malin plaisir à tester mes capacités physiques ! Marrant de se dire que quelque part sous un rocher, il m'observe, moi qui m'enfonce dans cette neige jusqu'au bassin. Que pense t-il de ma démarche ? En tout cas, je ne dois pas l'alerter par ma rapidité… Après avoir tourné dix fois autour du même rocher, quelle bonne idée que de revenir sur ses pas. J'espère que peu d'entre vous m'ont aperçu pister ce lièvre car tout laissait à penser que les fêtes de fin d'année avaient fait quelques ravages. Revenir sur ses pas c'est son petit jeu bien à lui. De cette manière, les prédateurs perdent facilement sa trace et ne repèrent pas son abri. Renards et photographes tombent bien souvent dans le panneau, s'ils n'ont pas déjà jeté l'éponge. Pourtant certaines fois la chance est de notre coté, et le temps de quelques secondes, le fantôme se dévoile !
L'une des rencontres les plus fortes émotionnellement parlant !
Le Loup Gris ...
Ah cette journée mémorable où le loup a plongé son regard dans le mien !!!
Après deux ans consacrés à sa recherche, des dizaines d'heures passées à l'affût, les yeux dans les jumelles, à scruter le moindre relief, en vain… Je me répétais sans cesse : "Un jour ta patience finira par payer". Je ne pensais pourtant pas que dès notre première rencontre, je parviendrais à immortaliser ce moment. Il aurait pu passer là bas, sur une arrête, à des centaines de mètres mais non, il a choisi de passer ici, tout près, le temps d'un regard, le temps d'une photo.
Il arrive au loin, à pas de loup. Je n'ai jamais ressenti une telle crainte, non pas la peur du loup, mais cette peur de l'effrayer, de le voir partir en trottinant sans avoir pu garder un souvenir de cette rencontre. A ce moment là, des dizaines de questions se bousculent dans ma tête. Comment me positionner ? Comment va t-il réagir ? Quand le reverrai-je s'il venait à changer brusquement de trajectoire ? Je n'avais pas le droit à l'erreur !
L'œil dans le viseur, il apparait enfin, puis marque un arrêt de quelques secondes le temps pour lui de m'identifier.
Cadrage, mise au point, et CLAC, Canis lupus est enfin dans la boite !!!
Après ce court instant riche en émotions, il s'éloigne, empruntant le même chemin que l'un de ses congénères quelques minutes plus tôt. Peu importe ce que les gens pensent de cet animal, que ce soit de la haine, de la colère, de la peur, de l'appréhension ou de la fascination, le loup reste un être tout aussi mystérieux que magnifique, un véritable fantôme.
Mignonnes, curieuses et pleines de vie, les Marmottes !
Ces jeunes marmottes nées il y a quelques jours découvrent le monde qui les entoure et apprennent rapidement à identifier les dangers potentiels. Connues de tous, elles nous observent, nous accompagnent parfois sur quelques mètres lors de nos randonnées et prennent volontiers la pause pour la photo souvenir ! Elles peuvent également nous être très utiles pour surveiller ce qui se passent au dessus de nos têtes. Eh oui, en montagne, ce n'est pas toujours évident de surveiller là où l'on pose les pieds, et ce qui se passe en l'air.
Un seul et unique cri strident résonne dans la vallée. Le danger est imminent pour les marmottes, mais pour le photographe, c'est une opportunité à ne pas rater. Levez la tête, un aigle, vautour ou gypaète est peut-être en approche et passera avec un peu de chance juste au dessus de vous. Vous parlez maintenant le langage marmotte !
L'automne arrive à grands pas, tout comme leur entrée en hibernation. Nous ne pourrons malheureusement plus compter sur les sentinelles de nos montagnes pour surveiller les rapaces à notre place !
Futé tel un Renard !
Un regard aussi flamboyant que son pelage ! Une démarche gracieuse entre ces hautes herbes. Maitre Renard s'aventure dans les prairies à la recherche de nourriture, à l'heure où, lentement le soleil se couche. Il est beaucoup plus facile d'observer ce magnifique méso carnivore lorsque les champs viennent d'être fauchés. De plus, les renardeaux seront peut être également de sortie, pour participer à leur première chasse aux sauterelles. A cet âge, ils n'ont qu'une hâte, découvrir plus en détails le monde qui les entoure. Extrêmement curieux, ils explorent petit à petit les alentours du terrier sous l'œil attentif des parents. Jeux, courses poursuites et roulades rythment leurs soirées d'été. Ces petites peluches se nourrissent de viande depuis l'âge de 4 semaines. Jusqu'à l'automne, le logement leur est fourni par Maman Renard. Les jeunes le quitteront ensuite dans l'espoir de fonder à leur tour une famille. Dès l'âge de dix mois, ces renardeaux autrefois si innocents et inexpérimentés seront aptes à se reproduire comme les grands.
Au printemps, renardeaux et autres jeunes animaux nés la même année ne sont pas conscients de tous les dangers. Alors attention lorsque vous conduisez et que la lumière devient faible, il se peut que l'envie leur prenne d'explorer les bords de route.
