Oh ! Un galliforme …

Galliformes de montagne


Le Lagopède alpin, Maître du camouflage


Peu importe les conditions météorologiques, les températures négatives ou les positions inconfortables, chaque nouvelle rencontre avec le lagopède alpin est un réel plaisir. Les photos ne sont pas toujours à la clé, mais le simple fait de les apercevoir me suffit ! Sur les crêtes balayées par le vent il passe le plus clair de son temps. Imaginez le, en ce moment même, si petit, si faible dans cet environnement hostile. Entouré de ses congénères, il attend que la tempête passe. La neige se dépose sur le sol et fouette mon visage. Etre dans la peau d'un lagopède ne serait-ce que quelques heures, me permet de réaliser à quel point la vie sur les sommets peut être rude. Protéger cette espèce prend alors tout son sens. Notamment victime du réchauffement climatique  et l'essor des activités sportives en montagne, le lagopède alpin pourrait bien disparaitre de nos massifs d'ici quelques dizaines d'années. 

L'approche doit être lente, très lente. Petit à petit, l'oiseau semble s'habituer à ma présence. Attention cependant aux petits malins, mieux camouflés que les autres qui auraient pu nous échapper. Ces derniers n'hésiteront pas à prendre la fuite créant alors un mouvement de panique. Un scénario catastrophique qui pousserait ces oiseaux à une dépense d'énergie très importante. Pour l'heure, aucun signe d'inquiétude, si ce n'est un bref coup d'œil de temps à autre comme une mise en garde avant l'envol, un avertissement avant le "mètre de trop". 

Mâles et femelles se différencient en hiver par la présence d'un lorum (bandeau noir reliant le bec à l'œil) présent chez ces messieurs. En été, la couleur de plumage est différente entre les deux sexes. Les mâles sont d'une couleur gris foncé, quant aux femelles elles sont plus claires, les couleurs tendent vers le jaune/beige. Saurez vous les reconnaitre ?

La Perdrix Bartavelle, "La gloire de mon père". 


Les premiers rayons du soleil apparaissent. En hauteur, perché sur son promontoire de roche, ce mâle scrute attentivement les alentours. Quelques minutes plus tard, il se met à chanter. Un chant caractéristique et très reconnaissable. Une succession de cris grinçants et rythmés. Son extrême méfiance et son impressionnante discrétion rendent son observation difficile. Au moindre mouvement suspect, la perdrix prendra son envol. Allongé sur le sol, quelques mètres en contre bas, n'osant à peine lever la tête, ma visibilité est réduite. Je distingue alors seulement des ombres, une légère silhouette en mouvement. Masqué par la végétation, seul mon objectif dépasse. Des conditions certes peu confortables mais indispensables afin de déranger le moins possible cet oiseau merveilleux !

Un emblème de nos montagnes, le Tétras Lyre !


Fermer les yeux bercé par ce roucoulement si caractéristique du petit coq de bruyère, et penser au lendemain. La nuit dans cette tente d'affût sera peut-être longue, fraiche et inconfortable, mais pour assister à un tel spectacle, c'est le prix à payer. Chaque année, les tétras lyre se regroupent sur les mêmes places de chant aussi appelées "zones de combats" au dessus de la limite supérieure des arbres. 

Il est 4 heures du matin, lorsque les premiers coqs, par leur vol bruyant, viennent briser le silence. Le spectacle peut alors commencer. Dans un premier temps, seules mes oreilles en profitent, mes yeux ne distinguent que des ombres qui semblent danser sur le névé. Peu à peu, le tétras lyre dévoile son magnifique plumage aux reflets bleutée. GOULOUGOUOU TSHHHH TSHHH, une chanson que je ne raterais pour rien au monde. Se retrouver si près de ces oiseaux habituellement si méfiants, les suivre du regard durant plusieurs heures, observer leurs moindres faits et gestes, ca n'a pas de prix. Qui sera le plus fort ? Qui aura le cœur de madame ? Fiers, élégants, prétencieux, nombreux sont les adjectifs qui les décrivent. 

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